Discours de la servitude volontaire de La Boétie : un texte résolument moderne

Publié par le 20 décembre 2018 Laissez vos commentaires

Le comédien Charly Magonza est le créateur d’un spectacle hors norme. Le Contr’un.       Il s’empare du plus célèbre texte d’Étienne de la Boétie et le rend ainsi vivant. Comme il ne l’a sans doute jamais été auparavant. Plus de quatre siècles après la naissance de ce manifeste pour la liberté, nos sociétés connaissent les mêmes difficultés. Lutter contre les tyrans ou bien se soumettre aux tragiques volontés d’un seul homme ? Les peuples deviennent des esclaves s’en sans rendre compte. Terrible banalité.

Dans une salle très intimiste, le public écoute attentivement le narrateur. Selon lui, les hommes et les femmes ont peur d’être libres. Qui l’est réellement ?

Les êtres humains préfèrent alors servir un maître. Au sein d’une maison, d’un village, d’un pays ou de plusieurs contrées à la fois. Ils sont un, cent mille ou deux millions. Ils décident de renoncer à leur indépendance physique, morale et intellectuelle. Les dictateurs mettent tout en œuvre pour rendre ces masses heureuses. En apparence seulement. Malheureusement. Silencieusement.

Cassius et Brutus ont un désir. Redonner l’entière autonomie à leurs concitoyens. Une seule solution existe pour réussir cette mission. La guerre. Contre Jules César. Le prix de la liberté.

Transposition. Les deux compagnons partent à la rencontre des habitants du pays. Dans une boîte de nuit. Drôle d’endroit pour recruter les futurs soldats d’une petite armée. Seule l’envie de gagner compte.

Face au redoutable Jules César, Cassius est très entreprenant. Valeureux. Brutus nous parle en son nom. Les scènes d’affrontements sont si bien mimées que notre imaginaire en est bouleversé. Les époques se mélangent. Sommes-nous en l’an 44 avant J-C ou en 2018 ?

L’acteur se déguise en Jules César. Une guirlande aux néons multicolores remplace la couronne de lauriers. Hilarant. Tourner en dérision l’oppresseur. Belle revanche. Premier pas vers la démocratie.

Charly Magonza nous permet de réfléchir sur un sujet très actuel. Merveilleux interprète.

Vive la liberté ! Mot à prononcer plusieurs fois par jour afin de contribuer au bienfait de l’humanité !

                                                                           Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Le Contr’un au Théâtre les Déchargeurs jusqu’au 22 décembre 2018

 

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