La Locandiera de Goldoni : Alain Françon réussit un coup de maître !

Publié par le 22 décembre 2018 Laissez vos commentaires

Voyage à Florence au XVIIIe siècle. Quelle plus belle promesse ? Mirandolina est une aubergiste qui fait chavirer les cœurs de tous les voyageurs. Elle reste de marbre face aux multiples propositions de mariages qu’elle reçoit. L’engagement n’est pas dans ses projets. Femme libre. Révolutionnaire avant l’heure ou simplement dotée d’un fort caractère, Mirandolina semble se moquer des bonnes mœurs. Une vraie leçon valant pour tous les temps.

Mirandolina est consciencieuse dans son travail. Elle est sans arrêt complimentée et courtisée par deux gentilshommes. Le Marquis de Forlipopoli et le Comte d’Albafiorita. L’un est ruiné, l’autre riche comme pas deux. Indifférence à leur égard. La belle est intriguée par un nouveau client, le Chevalier de Ripafratta. Il ne cesse de la réprimander quant à la qualité du linge de chambre. Mirandolina s’en offusque. Impolitesse.

Ripafratta explique à ces gens de qualité qu’il n’a aucune appétence pour le sexe opposé. À quoi bon s’enticher d’une femme ? Mirandolina appartient à cette catégorie. Mépris total. Mirandolina se lance un défi. Séduire ce chevalier non-servant. Il a sans doute ses faiblesses. Commence alors un véritable tour de force.

Forlipopoli et Albafiorita se montrent de plus en plus prévenants. Le Comte la couvre de parures rares et précieuses. Il ne peut être jaloux de l’ingrat Ripafratta. Bienvenue au pays de la misogynie.

Le Serviteur du Chevalier et Fabrizio, le valet des lieux, sont également épris de Mirandolina. Elle ne sait que faire de tous ces énergumènes.

Deux comédiennes sont les hôtes de Mirandolina. Elles prétendent appartenir à la grande noblesse. Le Comte et le Marquis tombent immédiatement sous leur charme. Caricature de la séduction.

Mirandolina arrive à ses fins. Son désir le plus cher devient réalité. Le Chevalier se méfie de tous ces prétendants. Il est touché en plein cœur par l’amour. Une première dans son existence jusque là dénuée de tout sentiment et de toute extase.

Nous passons de la comédie au drame.

Mirandolina ne veut pas perdre son âme et prend la plus sage des décisions.

La mise en scène d’Alain Françon est prodigieuse. Astucieuse imbrication entre l’intérieur et l’extérieur de cette maison aux mille facettes.

Les personnages se fondent dans le décor. Comme une évidence.

Florence Viala est divine en Mirandolina. Ses compagnons excellent de par leur verve et leur humour. Incroyables présences.

Bravissimo !

                                                                                       Marion Allard-Latour

Informations pratiques :  La Locandiera à la Comédie-Française (Salle Richelieu) jusqu’au 10 février 2019

 

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