Les Essarts : la commune nouvelle, une solution adaptée à la ruralité ?

Publié par le 14 novembre 2018 Laissez vos commentaires

La baisse continue des dotations de l’Etat pose un problème aigu aux maires des petites communes rurales qui doivent se soucier non seulement de maintenir mais aussi d’améliorer les services rendus à leurs populations, souvent fragilisées et âgées.

Sur le territoire à l’ouest de Montoire, cinq communes (Artins, Couture, Les Essarts, Tréhet et Villedieu) ont noué des liens très anciens qui se sont traduits dès les années 70 par la création d’un syndicat scolaire et d’un syndicat d’eau. En 1999, des maires visionnaires tels que Bernard Leclerc, André Bourreau, Georges Cornet et Henri Daumas, s’étaient engagés dans la création de la Communauté de communes du Pays de Ronsard qui regroupait au total dix-huit collectivités. Ces regroupements apparaissaient déjà comme indispensables dans la mesure où l’on pouvait constater une diminution importante de la population (-40% en 40 ans) et par conséquent des effectifs scolaires, ce qui a entrainé la fermeture de nombreuses classes et écoles ; en outre, le tissu économique s’est désagrégé puisque 50% des commerçants et des artisans avaient disparu, en quelques décennies

Pour qu’un territoire reste vivant, il faut qu’il demeure attractif aussi bien pour les séniors que pour les plus jeunes. Pour faire face au nouveau défi que représente la diminution permanente des ressources financières des communes, les maires d’ Artins, de Couture, des Essarts et de Tréhet se sont intéressés à la possibilité de créer une commune nouvelle, celui de Villedieu ayant d’emblée fait connaitre son opposition de principe, contrairement à l’avis de la majorité des membres du conseil municipal.

Gilles Souriau, maire des Essarts

« Nous étions en effet conscients qu’une réorganisation territoriale s’imposait pour que les populations ne soient pas lésées, nous a expliqué Gilles Souriau, le maire des Essarts. A l’accélération des baisses d’effectifs scolaires, à la disparition des commerces de proximité, s’ajoute l’existence d’un parc immobilier ancien, non entretenu, qui ne trouve aucun acquéreur, ce qui entraine d’ailleurs une baisse des recettes fiscales communales ; en outre, les propriétaires privés ne peuvent que constater la dépréciation constante de leurs biens. Pour arrêter ce processus négatif, nos quatre communes se sont déclarées favorables au lancement d’une étude prospective, confiée au cabinet KPMG, portant à la fois sur les avantages et les inconvénients de la création d’une commune nouvelle et sur l’impact financier et fiscal de ce regroupement pour chacune. La création de cette nouvelle entité devait intervenir pour la fin de l’année. »

Des communes, telles que Les Essarts ou Tréhet, ont actuellement une capacité annuelle d’autofinancement de 10 à 15 000€ alors que celle des quatre communes réunies s’élèverait à 250-280 000€, sans emprunt. Cette capacité d’autofinancement  profiterait à tous. Les dotations de l’Etat seront non seulement maintenues mais pour le moment majorées de 5%. Peut-être le principal bénéfice à attendre viendrait-il de la mutualisation qui dégagerait des économies tout en permettant d’améliorer les services rendus à la population. Par exemple, un transport pourrait être créé au niveau municipal pour conduire les personnes âgées à des rendez-vous médicaux ou les jeunes  à leurs activités sportives et de loisirs…

« Il ne faut pas se leurrer : malheureusement, faute d’effectifs, les classes continuent de fermer et on peut s’interroger sur la pérennité de certains centres de secours. » Les services de l’Etat soulignent d’ailleurs que les subventions seront accordées en priorité aux communes qui font preuve d’une véritable volonté de réforme et de  réorganisation.

Les votes sont intervenus dans les conseils municipaux. Si à Couture et à Tréhet, ceux-ci se sont prononcés à l’unanimité pour la création de la commune nouvelle, à Artins et aux Essarts, ils n’ont pas souhaité poursuivre le processus de rapprochement, pour le moment du moins.

« Pas de désespérance sur le territoire, a poursuivi Gilles Souriau . J’ai été un peu surpris et déçu que les jeunes conseillers ; leurs enfants sont pourtant scolarisés dans le cadre du SIVOS, et ils ont été les premiers à s’intéresser à ce projet avant en définitive de trouver que la création de la commune nouvelle était prématurée. »

                                                                                                  Sabine et Xavier Campion

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