Montoire : Grâce à “Erasmus”, les jeunes ont un regard sur le monde

Publié par le 8 novembre 2018 Laissez vos commentaires

Depuis 2016, le lycée Sainte Cécile participe avec deux autres établissements, l’un situé en Suède, l’autre en Italie, à un programme européen « Erasmus + » dont le thème retenu est « Migrations et Nations ». Il s’agit d’un sujet d’une brûlante actualité qui fait l’objet de controverses violentes et d’assertions invérifiables dont la plupart sont manifestement non fondées. Que des jeunes issus de plusieurs nationalités travaillent en commun à analyser la réalité des faits s’avère particulièrement nécessaire dans un monde inondé par les « fake news » (informations truquées d’une manière volontairement fallacieuse).

Les élèves suédois et italiens sont actuellement en visite à Montoire. Figurait au programme, le 6 novembre, une pièce jouée au « Silo », dans un décor particulièrement sobre, par la compagnie théâtrale nantaise « La Tribouille », « Paroles de migrants ». Une quarantaine d’élèves et leurs professeurs étaient présents, les places restantes étaient occupées par le public invité gracieusement à ce spectacle financé par le programme « Erasmus + ».

D’entrée, les hauts parleurs ont diffusé une combinaison de paroles prononcées en différentes langues ; prenant la suite, des anonymes se sont exprimés et ont fait plonger le public dans le passé des migrations « ma famille a fui son pays sous Mussolini », « je viens d’Afrique », « j’ai accueilli chez moi un migrant qui n’avait pas d’abri et les échanges m’ont beaucoup appris, sur les autres et sur moi-même »… La première constatation, c’est que la migration fait partie de l’ADN de l’être humain. Aussi loin que l’on puisse remonter dans le passé, les groupes, les individus, les peuples n’ont cessé de traverser la terre pour diverses raisons dont le désir d’échapper à la faim n’a pas toujours été le moteur. Chaque individu où qu’il se trouve, est le produit de ces multiples migrations, comme l’a prouvé le résultat de tests ADN pratiqués ici ou là. Dès lors, il parait tout à fait mensonger d’instituer une hiérarchie arbitraire entre les êtres humains.

Sur la scène tendue de noir, sous une charpente de bois apparente, ont été posés un violoncelle et un tabouret. Le musicien, Daniel Trutet, est arrivé le premier. A l’exception de deux morceaux repris , il a entièrement composé, au fur et à mesure, l’accompagnement du texte dit par le comédien Pierre Roba. Celui-ci qui travaille auprès des migrants, a rassemblé et mis en forme les propos de ceux-ci. Il a donné la parole tour à tour à Osmane, Elamine, Mahadou, Hanafi, Amidou, Ariel, Mouhamat, Gaylor, David et Libson… venus du Tchad, du Sénégal, d’Erytrée, du Congo, du Chili…

Tous  viennent de « là-bas » ; certains ont traversé un désert dont les périls étaient pires que ceux de la mer car ils se trouvaient à la merci de n’importe quel passeur. Ils sont partis parce que leur vie était menacée, parce qu’ils n’avaient plus les moyens de nourrir leur famille ; certains sont simplement « tombés en panne » ; ce qu’ils sont venus chercher, c’est le moyen de s’instruire, de travailler et de s’insérer .  Cependant, dans les squats, ils tournent en rond et, lentement, la désespérance s’installe. Le seul moment de joie, c’est lorsque l’un d’eux obtient ses papiers !

A l’issue de la pièce, le comédien Pierre Roba nous a raconté comment il avait été conduit à créer ce spectacle, à la suite d’un attentat visant un squat, ce qui a découragé les migrants de se faire entendre par eux-mêmes. Il a souligné  que l’accueil de ceux-ci allait se trouver au cœur de la société de demain. De la capacité de chacun à écouter l’autre, à respecter des cultures et des langues différentes, doit naître un véritable dialogue dont la richesse nourrira l’avenir de l’humanité.

Ces migrations s’inscrivent dans une succession dont les péripéties sont nombreuses à travers l’histoire de l’humanité : conflits, conquêtes, découvertes de terres nouvelles, colonisation… ; certaines font partie d’un passé récent et prouvent que le  vivre ensemble est non seulement possible mais souhaitable car bénéfique pour le progrès de tous.

                                                                                                           Sabine et Xavier Campion

 

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