Poncé : connaissez-vous Marie Castel Sehic, restauratrice d’oeuvres d’art ? (2ème partie)

Publié par le 4 janvier 2019 Laissez vos commentaires

Nous avions entrepris au début du mois de novembre dernier de vous présenter Marie Castel Sehic, restauratrice d’œuvres d’art, établie avec son époux à Poncé. Tous deux travaillent actuellement, entre autres, sur des peintures du XVIIème siècle dont l’une au moins, la plus complexe est aussi précieuse par sa valeur propre que par l’éclairage qu’elle apporte à l’histoire de Lhomme et de la région. D’une façon générale, l’entretien a mis en relief les qualités de minutie et de sérieux exigées par la profession.

Plus précisément, je m’occupe actuellement du tableau du XVIIe siècle choisi pour orner, comme trumeau, le maître-autel, c’est-à-dire celui du « Christ aux instruments de la Passion », une huile sur toile de lin. On y découvre, au centre, le Christ, couvert de blessures sanglantes regardant vers le ciel. Il porte les instruments de son supplice, une croix en bois, une éponge, des cordes et un fouet.

Grâce à la mobilisation des élus de Lhomme, nous avons pu procéder à une série d’examens. Le tableau a donc été transporté à Caen, à la Fabrique de Patrimoine en Normandie ; il y a été examiné sous différents types de rayonnements, lumière directe ou rasante, fluorescence et réflexion ultra-violets, réflexion infra-rouges et rayons X.

Cet examen a-t-il pu vous apprendre quelque chose sur les conditions d’élaboration du tableau et sa facture ?

L’œuvre se compose de quatre lés de toile de lin tissés de façon artisanale cousus ensemble. Ceux-ci ont d’abord été enduits de colle de peau de lapin qui a couché tous les petits fils et comblé les imperfections avant d’être poncée. Enfin, une couche de préparation, rouge, participe à l’atmosphère colorée de l’œuvre.

Le peintre s’est ensuite lancé dans la composition de son tableau sans dessin préalable avant d’appliquer la peinture ainsi qu’un vernis à base de résine naturelle d’origine exotique (« Dammar ») afin de saturer le tout, redonner de l’éclat aux couleurs et obtenir un effet homogène.

Quelles difficultés particulières avez-vous rencontrées ?

Le passage du temps et les conditions de conservation ont contribué à détériorer le tableau qui a déjà fait l’objet d’une restauration au XIXe.

C’est à cette époque que l’on a pris le parti de repeindre les zones usées ainsi que celui d’accentuer les blessures du Christ afin de la rendre plus visibles.

Il faut ajouter que, comme il arrive fréquemment, le tableau, en particulier sa partie basse, est maculé d’une multitude de petites taches dues aux projections de cire chaude.

L’intervention était-elle nécessaire ?

Celle-ci l’était pour plusieurs raisons. Du côté du support, la fixation de la toile était très précaire, ce qui a provoqué d’importantes déformations de celui-ci tandis qu’il était profondément encrassé et oxydé ; il n’aurait donc pu supporter une nouvelle mise en tension. En outre, l’image était devenue profondément illisible du fait du blanchiment du vernis, de la fragilité des couches peintes et de l’alourdissement du haut repeint « huileux ».

                                                        Propos recueillis par Xavier Campion

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