Rabbit hole-univers parallèles : cellule familiale en crise

Publié par le 24 novembre 2018 1 Commentaire

Douloureux sujet que l’évocation de la mort d’un enfant. L’auteur de la pièce, David Lindsay-Abaire, nous livre un texte sans concession où chacun des personnages vit différemment l’absence de l’être cher.

Becky et Howard ne savent comment surmonter la perte de leur fils. Ils essaient de continuer. Comme avant.

Un événement vient perturber le deuil de Becky. Izzy, sa jeune sœur, est enceinte. Bonheur et incompréhension. Izzy est une éternelle adolescente. Un nourrisson demande de l’attention. Becky doute de ses capacités. Elle espère une fille.

Garder la mémoire du défunt intacte.

 Becky et Howard s’éloignent l’un de l’autre. Imperceptiblement.

Izzy est en conflit avec la terre entière. Ou plutôt avec elle-même. Ses réactions sont imprévisibles. Elle est proche de sa mère, la pétillante Nat.

Fête d’anniversaire d’Izzy. La première fois sans lui. Becky et Howard sont joyeux pour la circonstance. En apparence seulement.

Nat fait un exposé sur la malédiction des Kennedy. Terrible coup du destin.

Nous ne cessons de rire. Humour caustique. Ravageur.

Becky n’apprécie guère cette comparaison. Le petit garçon a été victime d’un accident. Cependant, il est le seul de la lignée à avoir connu ce sort.

Les langues se délient. Nat aussi a perdu un enfant. Dans d’autres circonstances. Becky ne veut pas en entendre parler. Son frère était adulte. Aucune discussion n’est possible.

Howard ne cesse de se remémorer les instants envolés en visionnant une cassette vidéo. Un ange blond apparaît rieur.

Becky est obsédée par le rangement des affaires de son fils. Tout doit être dissimulé. Elle désire vendre la maison.

Les disputes se multiplient. Chacun est renvoyé à sa propre peine. Communion brisée.

Parcours du combattant.

Jason conduisait le jour du drame. Excès de vitesse. Il n’a pu éviter le chérubin.

Il a écrit un ouvrage intitulé Rabbit Hole. Pour le disparu. Howard refuse de le rencontrer. Becky se montre plus douce avec lui. Il est tout juste adulte. Laisser une chance.

Jason lui explique qu’il existe des univers parallèles. Becky se met à rêver. Peut-être son double est-t-il ailleurs ? Et heureux ?

Nat et Becky se retrouvent. Tendre moment. Les deux femmes ont vécu la même chose. Becky interroge Nat. Aucun parent ne se remet de la disparition de la chair de sa chair. Le temps est important. Le chagrin reste. La souffrance se transforme. La vie reprend ses droits.

La mise en scène de Claudia Stavisky est d’une grande qualité. Les murs de l’habitation servent aussi d’écran. Le passé est constamment relié au présent.

Julie Gayet et Patrick Catalifo interprètent avec force ce duo meurtri. Lolita Chammah est parfaite en future mère complétement loufoque.

Renan Prévot. Révélation !

Mention spéciale à Christiane Cohendy, incroyable de sincérité. Et si drôle malgré l’épreuve.

Une œuvre majeure du théâtre contemporain !

                                                                                     Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Rabbit Hole à partir du 17 janvier 2019 aux Bouffes Parisiens.

 

 

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Un commentaire

  • Le 24 novembre 2018 Turlan Sabine a écrit :

    Exprimer de cette manière la perte de son enfant serait donc un essai pour la résilience !? L’enfant demeure toujours près de soi.
    Une maman qui rit et sourit, tel un clown, elle cache et fait face à la douleur et à la tristesse éternelle.

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