Ruillé : Nouvelles formes et nouveaux espaces de travail

Publié par le 23 octobre 2018 Laissez vos commentaires

C’est dans la zone de l’Aurière, à Ruillé (Loir-en-Vallée), proche de la départementale  305, que Loïc Richet, co-fondateur d’un média spécialisé,  a donné une conférence sur le thème des « nouvelles formes et des nouveaux espaces de travail ».

Loïc Richet

Les participants ont été accueillis  par Denis Turin, vice-président de la Communauté Loir Lucé Bercé en charge du développement, Régis Valienne, président du PETR , Galiène Cohu, maire de Loir-en-Vallée et Ronan Kerisit de la Mission économique du Val de Loir. Prenant la parole, Denis Turin a indiqué que cette parte du bâtiment serait affectée à un espace de co-working comportant également quatre bureaux dans des espaces modulaires dédiés à des entreprises du secteur tertiaire.

D’emblée, Loïc Richet a affirmé que « le travail est en train de faire sa révolution ». Les bureaux verticaux et les immenses tours de La Défense qui ont été cités en exemple pendant très longtemps, sont désormais l’objet d’une désaffection croissante de la part des salariés ; les équipes performantes qui y travaillaient, ont été délocalisées soit au centre de la capitale, soit dans un environnement plus « vert ».

Denis Turin

Nous avons abordé une nouvelle phase : l’intelligence artificielle (IA) va grignoter de plus en plus de fonctions tandis que de nouveaux métiers seront créés. Selon l’OCDE, les enfants actuels seront appelés à changer 14 fois de travail au cours de leur carrière. Les nouvelles générations montrent d’autres aspirations que leurs aînées ; elles veulent une adéquation entre la qualité de vie et le travail. Les entreprises même très importantes, comme France-Télévision, ont du mal à recruter alors que le télétravail et le coworking ont connu une croissance de 25% en un an, notamment du fait de la loi, qui facilite le recours à ce type de collaboration ; tout salarié peut demander à son entreprise de travailler à distance ; celle-ci n’est pas tenue d’accepter, mais elle doit justifier son refus. Si la loi n’impose rien, du moins facilite-t-elle les choses. Les outils de collaboration à distance sont de plus en plus fiables tandis que l’IA va modifier profondément les formes de travail. « Nous allons donc assister à la naissance de nouveaux modèles économiques et donc à celle de nouvelles entreprises. »

Les « slashers », sont des personnes qui cumulent plusieurs emplois, salariés ou non. Si une partie d’entre celles-ci choisissent ce mode d’activité pour compléter leurs revenus, une autre y voit l’avantage de cumuler un travail alimentaire et un « job » qui l’intéresse davantage et où elle peut agir d’une manière indépendante ; c’est ainsi que ces personne peuvent exercer des activités multiples dans des secteurs totalement différents. Plusieurs problèmes (notamment celui du régime des retraites) se posent qui devraient trouver leur solution dans le prochain arsenal législatif.

Les gens à leur compte, les « free-lances » sont appelés à devenir de plus en plus nombreux au point qu’ils devraient ,par exemple, occuper 50% des emplois aux Etats-Unis d’ici dix ans. Les nouvelles générations font preuve d’une soif d’entreprendre comme le montre le nombre croissant des créations d’entreprises. Leur motivation inclut de plus en plus fréquemment de valeurs telles que l’écologie, le partage et la collaboration, la confiance etc.

Si les nouveaux entrepreneurs sont attachés à leur autonomie qui peut atteindre son plus haut niveau dans le concept de « l’entreprise libérée », ils ne souhaitent pas œuvrer en permanence à leur domicile, mais à l’occasion, sont demandeurs d’ espaces partagés facilitant le développement des échanges et rendant le travail plus chaleureux. Les entreprises, comme les salariés, doivent s’efforcer de développer le télétravail à leur rythme. Il est prouvé que les salariés qui utilisent celui-ci montrent une efficacité supérieure de 20%.

Pour recruter, les entreprises doivent désormais privilégier la qualité de leur image de marque ; elles doivent apprendre à redorer leur blason pour devenir plus attractives, ce qui passe par l’abolition des contraintes : « la liberté des salariés fait le succès des entreprises ! »

« Happy Dev » est un réseau de travailleurs indépendants qui ont adhéré à une charte privilégiant l’humain tout en reconnaissant l’intérêt d’un travail collaboratif sur certains projets ; en trois ans, 300 entrepreneurs « free-lances » ont adhéré à cette formule et leur nombre va en augmentant.

Les employeurs, face à ces mutations, doivent privilégier les « soft skills » (compétences humaines) au savoir technique qui peut toujours faire l’objet d’une formation.

La conséquence de ces mutations sur l’immobilier est immense ; les investisseurs sont appelés à privilégier des espaces horizontaux, en location précaire, correspondant aux nouvelles formes de travail. Parmi les pistes privilégiées figurent notamment l’amélioration des lieux de travail, le recours à des espaces de « coworking », le partage des salles de réunion, la préoccupation du bien-être des collaborateurs et la mesure de leur intérêt pour le télétravail, l’organisation de réunions pour présenter des projets ou des métiers…

Nous dirigeons-nous vers une nouvelle société ? La visite, deux jours plus tard, de l’entreprise montoirienne « Val de Loir Injection » n’a pu que nous conforter dans notre opinion.

                                                                                                        Sabine et Xavier Campion

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