Skorpios au loin : rencontre grandiose entre Greta Garbo et Winston Churchill

Publié par le 17 novembre 2018 Laissez vos commentaires

Les étoiles scintillent. Garbo et Churchill, légendes du XXème siècle, deviennent confidents le temps d’un voyage sur le paquebot d’Aristote Onassis.

Leur dialogue incessant est aussi beau que puissant. Valse de mots. Nous voguons inlassablement.

Union de deux solitudes.

Le Vieux Lion se souvient des nombreuses batailles qu’il a menées. Les Dardanelles. Douleur indélébile. Garbo l’écoute attentivement. L’ancienne star d’Hollywood est admirative devant tant de courage et de dignité.

Elle se fait passer pour une anonyme. Sophistication de l’esprit.

L’inoubliable interprète de Ninotchka et l’homme politique britannique se laissent dériver. Ils parlent leur enfance triste ou gâtée. Nostalgie.

Greta Garbo est désolée d’évoquer ainsi son intimité. Pudeur. Churchill est hypnotisé. Amour platonique.

Le yacht est reparti depuis longtemps. La nuit tombe. La fête a commencé pour les nombreux convives.

Le maître de maison apparaît pour rapporter à Greta et Winston les ultimes histoires mondaines.

Aristote et Maria débutent une liaison orageuse.

Churchill ne comprend pas que Greta Garbo ait arrêtée sa carrière. Son dernier film est un échec commercial. Le cinéma lui a tout donné et tout pris. À présent, elle veut vivre et agir en femme libre.

Winston se permet de la guider. Greta est irritée. Malgré le respect et la gratitude qu’elle lui porte, elle n’accepte pas ses remarques.

Colère et disparition. Winston Churchill retourne à son autre passion. La peinture. Splendides couchers de soleil.

Greta revient et lui accorde une danse. Moment de grâce. Churchill et Garbo sont des êtres d’une intelligence folle et d’une complexité rare.

Le but du périple a pour nom Skorpios. Churchill attend cette arrivée avec impatience mais Greta quitte le bateau à la prochaine escale. Déception et regret.

Se sont-ils seulement compris ? Une amitié plus intense qu’une tempête en pleine mer est peut-être née.

La mise en scène de Jean-Louis Benoît est raffinée. Nous embarquons pour une heure et demie d’émotions à bord d’un lieu somptueux. Isabelle Le Nouvel signe un texte fort et bouleversant. Même les génies ont des failles. Simples humains.

Ludmila Mikaël incarne de manière époustouflante cette Garbo belle et rebelle. Niels Arestrup ressemble étrangement à Churchill.  Souffle coupé !

                                                                                 Marion Allard-Latour

Informations pratiques : Skorpios au loin au Théâtre des Bouffes Parisiens jusqu’au 6 janvier 2019

 

 

 

 

 

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