Sœurs (Marina et Audrey) de Pascal Rambert : une confrontation physique et verbale de haut niveau

Publié par le 21 décembre 2018 Laissez vos commentaires

Les comédiennes Marina Hands et Audrey Bonnet se livrent à une performance d’une rare violence. Le spectacle débute par une dispute entre les deux sœurs. Éclatement. Le mot « sororité » est déformé. Défiguré. Combat permanent. Les prénoms des personnages sont les mêmes que ceux portés par les actrices. Marina et Audrey. Dédoublement.

Le public est complètement intégré au spectacle. Il représente la famille invisible de ces femmes se vouant une détestation sans fin. Elles ne s’écoutent pas. Marina et Audrey partagent tout. Les souvenirs, les parents, l’enfance. Belle pour l’une. Solitaire pour l’autre.

Marina est l’aînée. Adorée par sa mère. Admirée par son père. La fille tant désirée. Audrey a trois ans de moins. Elle laisse ses géniteurs indifférents. Trente ans après, Marina et Audrey se retrouvent face à face.

Leur mère vient de mourir. Sinistre ambiance. Elles crient leur douleur commune. Marina est une originale ne vivant qu’aux dépens des autres. Financièrement seulement. Elle est destinée à aider les plus démunis. Charité bien ordonnée. Audrey est une intellectuelle. Brillant parcours. L’introvertie et l’extravertie se côtoient.

Les tensions s’intensifient. Une musique les réunit pourtant quelques minutes. Wonderful life. Elles partagent le même baladeur. Union sacrée. Pour un court temps.

Les saillies reprennent de plus belle. Marina n’a pas prévenu Audrey quant à la maladie touchant la femme grâce à qui elles existent. Longue agonie.

Elles lui portent un amour infini. Au-delà de la mort. Elles l’aiment différemment. Trio à jamais séparé.

Les questionnements sont nombreux quant à la réception d’une telle œuvre. Pascal Rambert, l’auteur et le metteur en scène, percutent les spectateurs au plus profond d’eux-mêmes. Comme un électrochoc.

Marina Hands et Audrey Bonnet dansent avec les sentiments. Les corps sont en perpétuel mouvement.

Elles nous émeuvent et nous font rire tant les répliques sont tonitruantes.

Les sœurs ont le même sang. Elles sont liées par une passion invisible qu’elles ne s’avouent presque pas. Par fierté. Elles nous touchent et nous entraînent dans un univers particulier.

Les chaises multicolores, unique élément de décor, forment un contraste saisissant avec les pensées de Marina et Audrey.

Une pièce de grande envergure !

                                                                      Marion Allard-Latour

Merci de partager cet article 🙂
Tags : , ,

Classés dans :

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.