Vendôme : les jeunes aussi avaient rendez-vous avec l’Histoire

Publié par le 13 octobre 2018 Laissez vos commentaires

Grâce au Cercle des entreprises du Vendômois qui est parvenu à tisser des liens solides avec le monde éducatif, la page économique des « Rendez-Vous de l’Histoire » dans le Vendômois ne cesse de gagner en densité et en intérêt.

Tous les collèges du Vendômois souhaitaient participer ; faute de place, seuls 450 élèves ont pu être présents, ce qui a fait dire à Magali Royer-Marti, la présidente, s’adressant à Pascal Brindeau, en sa double qualité de maire de Vendôme et de président des Territoires vendômois : « l’an prochain, il faudra nous réserver l’intégralité du Minotaure ! »

L’assistance a vécu des moments où le bonheur se mêlait à la réflexion. Philippe Rouillac, le commissaire-priseur bien connu, a fait une intervention très vivante, incisive et pleine d’humour, qui a frappé son jeune auditoire : « Vous êtes la première génération à vivre avec internet, ses promesses et aussi ses mensonges ; ne soyez pas des goélands empêtrés dans une marée noire. » Voulant inciter son  public à être très attentif, il l’a invité à observer avec beaucoup d’attention un tableau pourtant très connu, qui a parcouru le monde : « La Joconde », avec laquelle les jeunes Français peuvent facilement exercer leur privilège de communier  ; « La Joconde » apparait devant un paysage qui semble composé, assez curieusement,  de grottes sous-marines ; on peut s’interroger sur la nature véritable du modèle : est-ce un garçon  ou une fille ? « La Joconde » vous suit des yeux et elle vous parle ; c’est prodigieux ! Elle vous renvoie à vous-même. Les lèvres fermées, elle ne sourit pas. Son sourire a disparu emporté par le « sfumato » (les contours sont rendus imprécis au moyen d’un glacis d’une texture lisse et transparente.). « La Joconde » ne vous demande rien, elle symbolise la beauté : « c’est la beauté qui sauvera le monde », a dit Dostoievski.

Après des applaudissements nourris, les représentants des collèges se sont succédé sur la scène. L’école de Naveil (CM2) et le collège Robert Lasneau de Vendôme ont travaillé sur le thème de l’image du pouvoir. Les premiers ont décrypté le portrait de Louis XIV en costume de sacre réalisé en 1701 par le peintre Hyacinthe Rigaud. Celui-ci a mis en valeur tout ce qui pouvait symboliser la monarchie de droit divin et a su exprimer dans la majesté de l’expression le pouvoir absolu.

Les ssuivants  se sont livrés à une lecture des portraits présidentiels depuis Adolphe Thiers en 1871 jusqu’à Emmanuel Macron en 2017. Aux photos officielles saisissant le nouvel élu dans une attitude hautaine convenant à sa fonction, la main sur des livres, on est passé à des images voulant exprimer la personnalité de chacun ; le général de Gaulle et Georges Pompidou, qui incarnaient la majesté de la République, étaient vêtus d’un habit noir et portaient les emblèmes de Grand Maître et de Grand Croix  de la Légion d’honneur ; Valéry Giscard d’Estaing, jeune président qui voulait rompre avec une image trop guindée, s’est fait  photographier en costume cravate et souriant. François Mitterand s’est présenté à la fois comme un homme de lettres et l’incarnation de la force tranquille ; quant à Jacques Chirac, il affichait une attitude décontractée sur le fond de jardin de l’Elysée ; Nicolas Sarkosy a introduit la présence du drapeau européen à côté de l’emblème français ; François Hollande a tout fait pour ancrer l’idée d’une « présidence normale » ; Emmanuel Macron, enfin, a choisi un portrait dont la mise en scène était millimétrée : une photo prise à l’intérieur avec une vue sur le jardin, des livres, des téléphones, les drapeaux français et européen et… une horloge.

Un autre thème a été abordé : « L’image de la femme depuis la Révolution ». D’Olympe de Gouge, auteur d’une « Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne » à Simone de Beauvoir, à laquelle on doit « Le Deuxième sexe », les collégiens ont dressé un tableau sans concession de la difficile évolution des droits des  femme au cours des siècles en dépit de leur implication de plus en plus importante dans la vie sociale, économique et politique.

Quant à l’image de la femme à travers la publicité, elle a consacré le statut de celle-ci comme ménagère, cuisinière, mère au foyer et objet sexuel et n’a guère évolué au fil des années ; en résumé, « la publicité dans ce domaine tourne en rond depuis les années 60. »

Avant un goûter bien mérité, les jeunes  ont enfin écouté une conférence sur « internet et la loi » donnée par l’adjudant Bernard Michaux qui les a mis en garde contre les pièges du web et qui a souligné leur responsabilité personnelle sanctionnée par les textes en raison des images qu’ils pouvaient diffuser sur les réseaux sociaux. Il a rappelé que ce qui était interdit ailleurs l’était aussi sur internet.

Ces « Rendez-Vous de l’Histoire » ont montré que les jeunes sont très réceptifs  à ce qui les entoure et qu’ils sont capables d’apporter un jugement motivé sur le monde dans lequel ils vivent ainsi qu’ une contribution appréciable à son évolution.

                                                                                                Sabine et Xavier Campion

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