Villedieu-le-Château : la Saint-Vincent avec les Chevaliers du Prieuré

Publié par le 21 janvier 2019 Laissez vos commentaires

Gentes dames, Messires, laissez-nous vous conter la belle histoire des Chevaliers du prieuré, Alain Vérité et Thomas Augereau. Nous sommes en l’an de grâce 2019, le 19 du premier mois de l’année, sur les bords du Niclos, cette charmante rivière qui naît à la Bouillante et se fond dans le Loir à Tréhet.

Chaque village possède son propre rituel pour fêter la Saint-Vincent. A Villedieu-le-Château, l’existence des vestiges d’un ancien prieuré comme les traces d’un vignoble, autrefois abondant, ont conduit à la création de la Confrérie des Chevaliers du Prieuré. Celle-ci est composée d’un chapitre de sept membres qui demeurent en fonction pendant sept ans. En 2019, le président était Alain Vérité, un éleveur i pratiquant également la polyculture qui habite le village depuis 1997.Originaire de Pruillé-l’Eguillé, dans la Sarthe voisine, Alain avait eu son premier contact avec la vigne dès son enfance puisque ses parents en détenaient quelques arpents. Des années plus tard, il se mariait avec une jeune Bourguignonne dont les parents étaient viticulteurs dans la région de Corgoloin au sein du très réputé vignoble des « Côtes de Nuits village ». C’est ainsi qu’il a perfectionné sa connaissance des vins et de la vigne ; il demeure très attaché à ces traditions de chaleureuse convivialité qui rythment la vie des habitants des pays de vigne. Le vice-président, Thomas Augereau, qui reprendra le flambeau en 2020 est un jeune Casthéopolitain qui travaille d’un côté au château de la Ribochère, sur les hauteurs du bourg, et de l’autre avec ses parents agriculteurs et éleveurs. Parce qu’il aime son village et qu’il souhaite que celui-ci reste vivant et animé, il n’a pas hésité, malgré son jeune âge, à se lancer dans l’organisation de la Saint-Vincent, une lourde responsabilité.

Tout a commencé par un long chemin à travers la petite cité et ses hameaux pour rencontrer chacune des personnes que l’on souhaitait inviter. Celles-ci se sont vu remettre le menu, particulièrement alléchant et le programme des festivités qui ne devaient se terminer que tard dans la nuit, après la dégustation de la traditionnelle soupe à l’oignon.

En cette matinée du 19 janvier, les membres de la confrérie vêtus d’une robe pourpre, gansée d’or, à l’exception du Grand-Maître, Jean-Pierre Bouguereau, dont la robe est rouge, bordée de gris, ont quitté en cortège la mairie pour se rendre à l’église où ils ont entendu la messe de la Saint-Vincent, durant laquelle les brioches ont été bénies. La messe était chantée par la chorale « Accum Homme » de Tours. Tous les fidèles ont reçu, à la sortie de l’église, une petite brioche ronde et ils ont été conviés à l’adoubement comme chevalier, du vice-président Thomas Augereau. Celui-ci est arrivé dans une petite charrette décorée, les mains posées sur un tonneau. Il a abandonné celle-ci devant le Grand-Maître et il a mis son genou gauche à terre. Messire Bouguereau s’est saisi alors d’une lourde épée qu’il a placée sur l’épaule de l’impétrant ; celui-ci a vaillamment supporté le poids de l’arme redoutable tout en répondant à un questionnaire très précis. Ayant satisfait à l’épreuve, il a été adoubé chevalier et a revêtu la tenue correspondant à son nouveau statut. Chaque chevalier a reçu alors un gobelet en argent et tous ont trinqué en l’honneur du prieuré.

L’assistance s’est ensuite dirigée vers la salle d’accueil où l’attendait un repas pantagruélique arrosé des crus les plus fins : Bourgogne aligoté, Côte de Nuits village, vin de Bordeaux, pétillant et alcool de poire sarthois. Durant tout le repas, chanteurs amateurs, conteurs de bonnes histoires, troubadours et ménestrels ont fait bénéficier les convives d’une animation quelque peu endiablée. Les airs indémodables tels que « Le petit vin blanc », « La Java bleue », « Méditerranée », etc.. ainsi que de nombreux autres répertoires ont été mis à contribution, ceux de Félix Leclerc, Hugues Auffray ou Luis Mariano…

Est venue enfin l’heure de trouver un président ou une présidente pour 2021 ; suspense ! quelqu’un (une) allait-il (elle) accepter le bouquet ? Alain et Thomas sont passés entre les tables, se sont arrêtés, tentant de convaincre, la salle a scandé des noms… Personne ne voulait se décider ; le Grand-Maître n’a pas hésité  à payer de sa personne et à rappeler qu’une décision était indispensable, faute de quoi la fête disparaitrait. Enfin, une main s’est levée, celle de Dame Monique Houdret, une nouvelle habitante de Villedieu, bien connue à Lavardin , dont elle a tenu le restaurant « Le Caveau » pendant de longues années. La Saint-Vincent 2021 aura-t-elle lieu autour d’un gigot à la ficelle ?

Alors que la soirée commençait, les plus intrépides sont partis dans une cave proche pour étancher leur soif. Ils reviendront plus tard danser, chanter et enfin déguster la soupe à l’oignon et son  en-cas préparés par le Chevalier Thomas Augereau, le prochain président.

 Citadins, vous qui jamais n’entendez le chant du coq au petit matin ou le beuglement de la vache à l’heure de la traite, vous ne savez ce que vous perdez. Ici l’on vit, ici l’on s’amuse, ici l’on se connait et l’on se parle, ici les traditions demeurent pour la plus grande joie de tous !

                                                                                                   Sabine et Xavier Campion

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